Dans l'avant propos de " Raymond Depardon, l'image du monde", Pierre Soulages décrit Raymond Depardon en ces termes :" Si j'avais à vous présenter, ce que j'ai d'ailleurs à faire, je pourrais dire que vous êtes photographe, cinéaste, écrivain, mais je dirais peut-être que vous êtes d'abord un homme qui photographie... Enfin, en troisième caractéristique, je dirais que vous êtes quelqu'un qui travaille la composition." Sans vouloir me comparer au grand homme qu'est pour moi Raymond Depardon, je me retrouve énormément dans ce qu'il nous dit de son caractère et ses écrits résonnent en moi. Je pourrai donc m'inspirer des mots de Pierre Soulages pour tenter de me définir à mon tour :

         Je ne suis pas photographe. Je suis une femme qui photographie. Je suis quelqu'un qui travaille la composition.

 On me pose souvent cette question : " Et tu prends quoi en photo ? "

J'ai pris pour habitude de répondre simplement. Je photographie ce que je trouve beau.

J'aime quand Raymond Depardon dit :" Je refuse de parcourir le monde pour assouvir ce besoin obsessionnel, presque névrotique que nous avons, nous, photographes, de fixer, capturer l'histoire des êtres vivants et remplir systématiquement nos photographies de figurants, habitants de la Terre, comme si nous étions en charge de rassurer la planète qu'elle est bien peuplée d'individus."

Dans ma pratique, la couleur, le noir et blanc s'imposent en fonction du sujet, de l'histoire à raconter.
J'ai tendance à dire que je suis une technicienne, un outil, au service d'une histoire, d'une personne.
Mes sujets, je les croisent sur mon chemin, parfois ils viennent à moi.
Je peux dire que j'aime l'esthétique, la composition, l'espace et le vide.
Cette recherche esthétique doit servir mon sujet.
Le fond ne fonctionne pas sans la forme.

Voici quelques photographes que j'aime particulièrement, pour leur personne et leur point de vu sur le monde.

Pour n'en citer que quelques uns,
Raymond Depardon pour toute son oeuvre photographique, en particulier la série " Errance ", ses films, en particulier " 12 jours " et ses écrits, en particulier " La solitude heureuse du voyageur. ".
Sebastiao Salgado pour sa série " Génesis " et Jane Evelyn Atwood pour toute son oeuvre, en particulier le reportage " Trop de peines ".